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Catalogue d'exposition

le-dessin-en-couleurs-du-xviie-au-xxie-siecle

Le dessin en couleurs du XVIIe au XXIe siècle

Date de parution : 31/03/2013

Editeur :

DESCOURS MICHEL EDITIONS

Nombre de pages : 68

Langue : FRANÇAIS

En Résumé :

Le pinceau et le bâton de couleur ne sont pas les premiers instruments qui se présentent à l'esprit au son du mot « dessin ». C'est en effet souvent pour d'autres qualités que la simple faculté de tracer une idée que les dessinateurs ont usé de la gouache, de l'aquarelle et du pastel. Les ressources de ces médiums colorés ont conduit les artistes à transcender les techniques, à faire de la peinture avec des craies ou du lavis, à transformer la gravure en dessin, voire, dans leurs réalisations les plus poussées, à produire de l'illusion sur le papier.

Dans la préface d'un catalogue de la galerie Cailleux de 1984 (que le titre de la présente exposition rappellera avec un plaisir nostalgique aux amateurs), Marianne Roland Michel résumait fort bien l'histoire de ces techniques entre 1720 et 1830. Couvrant une étendue chronologique plus large, notre sélection invite à en prolonger l'examen jusqu'à nos jours. Si l'espace de cet avant-propos ne permet guère de développer les commentaires historiques et techniques que mériterait cette grande variété d'exercices, allant de la feuille d'étude à l'?uvre autonome, en passant par le modello, le document et le caprice, il faut au moins en signaler quelques spécificités.

Le catalogue s'ouvre sur un exemple des plus significatifs de la mystification que les couleurs permettent d'opérer, avec des gravures métamorphosées en dessins (cat. 1 à 4). Leur technique a en effet trompé plus d'un restaurateur, même le mieux équipé : le trait d'encre brune, à la texture sablonneuse et parsemée de particules rouges visibles à la loupe binoculaire, ne laissait en rien soupçonner l'intervention de l'acide qui caractérise la gravure en taille-douce. Il fallait tout le savoir de l'historien pour reconnaître sous le riche habillage chromatique les traits d'une rare série d'eaux-fortes, tirées à l'encre bistre, d'après les modèles et sous la direction de Jean Berain. Débarrassées de leurs marges et enluminées par d'habiles miniaturistes, ces planches étaient offertes aux princes et dames de la cour comme de précieux dessins, le support de parchemin augmentant dans certains cas leur caractère exceptionnel (cat. 3). L'art du graveur et dessinateur Johann Fredrik Martin s'inscrit dans le prolongement de cette histoire : la Vue des chutes de Trollhättan (cat. 5) était mêlée à un ensemble de gravures de sa main, aquarellées par ses soins, de même format et collées sur le même type de montage, indissociables au premier coup d'?il de ce qui s'est pourtant révélé être un authentique dessin. C'est sans doute en se souvenant d'avoir été victime d'une semblable méprise qu'un célèbre collectionneur du Premier Empire, Tønnes Christian Bruun-Neergaard, écrivait : « Qui ne pourra facilement se méprendre quand, comme Palmerius, l'artiste a gravé légèrement le trait, et l'a depuis lavé lui-même ? Si cela arrivait à plusieurs autres maîtres, nous finirions par remplacer nos collections de dessins avec des gravures » (Mémoire sur les collections de tableaux et de dessins, et particulièrement de celle de dessins des artistes modernes que j'ai formée, Paris, 1812, p. 15).

Mais en démontrant qu'elles peuvent aussi rivaliser avec l'art noble de la peinture, les techniques du dessin en couleurs se sont affranchies des hiérarchies artistiques à la fin du XVIIIe siècle. C'est par la reconnaissance de leurs propriétés imitatives que la gouache et l'aquarelle ont gagné leurs lettres de noblesse, car « on rend des effets et des nuances dans ces deux manières, avec une perfection qu'on n'osait pas espérer de l'huile même », remarque Bruun-Neergaard en citant Redouté en exemple (cat. 7), auquel on pourrait ici associer Berjon (cat. 33).

Dans le registre de la rivalité avec la peinture, Berjon a imposé aussi sa maestria au moyen du pastel. Bien éloignée de la touche fondue, synthétique et enveloppante des maîtres du XVIIIe siècle, sa manière se distingue par un raffinement descriptif et une harmonie chromatique que les rares pastels de sa main aujourd'hui conservés ne laissaient pas soupçonner, et qui le place au premier rang des pastellistes. Exécuté sur toile, le portrait au pastel de Guillaumin (cat. 18) rappelle la noblesse traditionnelle de cette technique, quoiqu'il appartienne à une époque de l'art ayant laissé loin derrière le souci de l'imitation réaliste. Il ne faut dès lors pas s'étonner de voir les maîtres de l'abstraction exploiter indifféremment les techniques sèches et humides pour faire des tableaux sur le papier, tel Geer van Velde : les couleurs de sa Composition (cat. 24) irradient et impriment la rétine avec la même intensité que l'huile la plus vive, mais avec les vibrations inimitables du pastel. Et si le va-et-vient entre les pratiques caractérise le statut intermédiaire du dessin en couleurs, on verra aussi celui-ci s'imposer en maître dans les « crayons de douleurs » de Max Schoendorff (cat. 41) et les « dessins fiction » de Frédéric Khodja (cat. 42), tableaux qui cultivent leur autonomie par rapport à la peinture par les qualités propres de leurs matériaux, contribuant à faire du dessin cette catégorie à part entière dans les beaux-arts d'aujourd'hui.

Exposition : GALERIE DESCOURS LYON 2013

20,00 €

Disponible

En stock

fiche technique

ISBN : 0000000084949

Présentation : Broché

Largeur : 220 mm

Hauteur : 270 mm

Poids : 500 g