Bruges-Paris-Rome. Joseph Benoît Suvée et le néoclassicisme.
JANSSENS (S.) KNOLLE (P.) dir
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Catalogue de l'exposition du Groeningenmuseum de Bruges (Oct.2007-Janv.2008) puis au Rijksmuseum d'Enschede (Fév.-Mai 2008). Vie et oeuvre des peintres brugeois des années 1760-1830 : Suvée, mais aussi Ducq, Odevaere, Kinsoen....  

Agé de huit ans à peine, Joseph Benoît Suvée entre comme élève à l'académie de Bruges, sous la houlette de De Visch. L'ouverture d'esprit de son professeur a dû faire grande impression sur le jeune Suvée, et agir sur lui comme un stimulant. Ayant terminé sa formation à Bruges avec succès, il part pour Paris en 1763. Il peut y compter sur le soutien de son maître, mais d'autres personnes contribuent à introduire Suvée dans la capitale. (...)
Jacques-Philippe-Joseph de Saint-Quentin (1738-1780), qui a été élève de François Boucher, peint surtout des scènes de genre et des paysages. Il obtient le prix de Rome en 1762 pour
La Mort de Socrate. Ce statut de lauréat fait sans doute de lui un contact important pour Suvée, qu'il a pu présenter à l'académie de Paris. Il est donc probable que ce soit grâce à lui que Suvée entre en relation avec Jean-Jacques Bachelier (1724-1806). Ce dernier, reçu comme membre de l'académie en 1763, prend Suvée sous sa protection pendant son séjour à Paris, et sera son ami pour la vie. Suvée met à profit sa formation parisienne et obtient, en 1764, le premier prix de dessin d'après nature à l'Académie de Saint-Luc. Après être sorti deuxième après François-André Vincent, Suvée obtient la première place au Prix de Rome, devant Jacques Louis David, avec le Combat de Minerve contre Mars. (...) L'oeuvre de Suvée, comme celle de David, est marquée par l'influence de Boucher, et toutes deux s'inscrivent entièrement dans la tradition dominante du baroque et du rococo. La victoire de Suvée est cependant un événement crucial pour l'introduction du néoclassicisme en Flandre. Si l'obtention du Prix de Rome
est évidemment un point culminant dans la carrière artistique de Suvée, son importance est également ailleurs. Cette prestigieuse distinction lui vaut également une estime exceptionnelle dans sa ville natale, et sa victoire signifie que Bruges se retrouve au premier plan de la scène artistique internationale. (...) En même temps, pour les jeunes artistes brugeois, c'est un réel encouragement à poursuivre leur formation à Paris. Ils savent qu'ils y trouveront en Suvée un compatriote, un artiste et professeur respecté, bien intégré dans le milieu académique français.  


Sandra Janssens, "Joseph Benoît Suvée, inspirateur du néoclassicisme", in Bruges, Paris Rome. Joseph Benoît Suvée et le néoclassicisme, ouvrage publié à l'occasion de l'exposition éponyme organisée au Groeningemuseum à Bruges du 19 octobre 2007 au 6 janvier 2008, et au Rijksmuseum Twenthe, Enschede du 2 févier au 5 mai 2008, p. 20 et 22.